Résumé éditeur : "Je me suis mise à écrire des lettres, et c'est devenu une obsession. Le plus souvent, quand j'en écrivais une, j'en recevais une en retour. Cela surprend, mais j'ai découvert que la plupart des gens répondent. La première lettre de ma vie remonte à 1948, et je l'avais adressée à P. L. Travers, au sujet de son livre Mary Poppins." Mère puis grand-mère, femme divorcée, retraitée d'une brillante carrière dans le droit, Sybil Van Antwerp vit seule et n'aspire qu'à une existence paisible, aiguisant chaque jour sa plume pour rédiger des courriers avec un franc-parler capable de désarmer avocats de renom et grands écrivains. Mais tandis que sa vue baisse inexorablement, des lettres anonymes toujours plus menaçantes sont déposées une à une dans sa boîte, la forçant à replonger dans un passé douloureux. Greffière au chignon strict passant la porte du tribunal ; vieille dame longeant le fleuve avec une canne ; adolescente dévorant Tolkien et C.S. Lewis ; correspondante cherchant le mot juste : lettre après lettre, Virginia Evans compose le portrait d'une femme multiple, dans un premier roman mordant.
Commentaire : J'ai beaucoup aimé le caractère affirmé et l'humour mordant de l'héroïne, au-delà bien sûr du format épistolaire du roman. Sybil ne lâche rien: elle écrit à des auteurs, des réalisateurs, elle se dispute avec les mémères coincées de son club de jardinage. Deux hommes lui font la cour : un américain du Texas (tout ce qu'elle déteste!) et son voisin.. un peu trop gentil à son goût. Toute sa vie, elle aura souffert de la mort de l'un de ses enfants: Gilbert, qui s'est noyé alors qu'il était sous sa surveillance: elle ne peut s'en remettre. C'est ce qui l'a poussée à se submerger de travail et à délaisser son mari et ses enfants. Un deuil très émouvant. Elle ne parvient pas à tisser des liens avec ses enfants. Lorsqu'elle fait un test ADN, elle découvre qu'elle a une soeur en Ecosse et en apprend plus sur sa famille: elle a une soeur ! Elle finit par tomber amoureuse de son voisin Theodore, qui continue patiemment de s'occuper d'elle lorsqu'elle devient aveugle: il écrit pour elle. Bref, un roman sensible, bien écrit, avec du mordant !
Résumé éditeur : Il faut parfois se perdre pour mieux se retrouver...
Marnie est en pleine impasse. Coincée dans son job, dans ses amitiés, dans ses amours, cette correctrice se demande souvent à quel moment sa vie a commencé à se dérouler sans elle.
Michael est en pleine détresse. Depuis son divorce, ce prof de géographie n'a plus goût à grand-chose, si ce n'est aux balades solitaires le week-end.
Comment ces deux-là pourraient se rencontrer ? Grâce à la persistance d'une amie commune.
Marnie a besoin d'aventure, Michael a besoin de contacts humains, quoi de mieux qu'une bonne randonnée pour s'aérer la tête ?
Et c'est parti pour une semaine de marche dans les paysages du Lake District. Entre dépassement de soi et grands moments de solitudes, hébergements inattendus et pubs miteux, petites disputes et gros fous rires, Marnie et Michael vont se découvrir, se révéler, se décevoir, se surprendre et, quelque part sur un sentier, se dire que la vie réserve parfois une seconde chance...
Commentaire GG : Le résumé a tout dit : heureusement que je ne l'ai pas lu :-) Donc Marnie et Michael vont effectivement finir par sortir ensemble à la fin de la randonnée. Puis se séparer sur un malentendu pour finir par se retrouver. Le récit est ponctué de leurs réflexions personnelles sur le célibat, la société, et sur leurs solitudes respectives qui les protège aussi. Un peu d'humour ponctue le récit. Je me souviens que Fredo riait en le lisant, je n'ai pas été jusque là ! Mais peut-être que la version anglaise est mieux écrite. Ceci dit c'est un roman agréable, qui donne envie de faire de la randonnée en Angleterre. Beaucoup plus agréable à lire que "Un jour", que je n'avais pas du tout aimé.
Résumé éditeur : Anvers, années 70. Le jeune Bennie Goodman sait que son père Moshé aimerait mieux le voir à la synagogue qu'à fureter dans les ruelles du quartier des diamantaires. Mais c'est plus fort que lui : la prière l'ennuie, le diamant le fascine. Après tout, c'est dans ce secteur que son grand-père Yéhuda a fait fortune, et quoique le patriarche ait coupé les ponts avec son fils et son petit-fils, ce dernier ne peut réprimer sa fascination.
Des ateliers de taille aux vastes salles de négoce de la Bourse, Bennie ne renoncera devant rien pour se faire sa place et un nom. Son ascension, pourtant, n'est pas vue d'un bon oeil par les puissants de la ville - pour qui se prend-il, ce gamin sans pedigree, qui vient leur voler ce qui leur revient de droit ?
Michaël Dichter signe un ambitieux roman d'apprentissage au coeur de la communauté des diamantaires, porté par le plus flamboyant des héros. Premier roman.
Commentaire : Bernie est doué, et malgré la réprobation de son père, plus porté sur la religion que sur le commerce de diamants, il se lance dans la bourse de diamants, réussit et parvient même à ouvrir sa société avec un ami. Il tombe amoureux d'Eve, qui n'est autre que la fiancée de son cousin Isaac. Grisé par le succès, il prend des risques et se brûle les ailes, jusqu'à se voir radié de la bourse. Après de nombreuses péripéties, il réalise qu'il a été piégé par Isaac. Il invente à son tour un stratagème pour le piéger, et quitte la ville avec Eve, qui a subtilisé à Isaac un énorme diamant rose: celui que Bennie s'était fait ravir. Il se réconcilie avec son père et ses proches.
Un beau roman d'initiation, palpitant, qui plonge le lecteur dans l'univers des diamantaires juifs, avec leur jargon, leur méthodes, comme si les portes d'un lieu secret et totalement inconnu s'ouvraient. Le roman est vraiment bien documenté. Les familles juives et leurs traditions, le rapport à la Shoah très récente au moment du récit, sont également bien explorés et émouvants. L'intrigue et l'écriture sont aussi de très bonne qualité. On s'attache beaucoup au héros.
Résumé éditeur : Une quête captivante dans la taïga sur les traces des revenants du goulag Balitsky Point, 1991.
Boris Eltsine vient de dissoudre l`Union soviétique et le Parti communiste dont tout dépendait : salaires, pensions, carburant, munitions... L`hélico qui ravitaille tous les six mois ce comptoir isolé de Sibérie se pose à vide. Seul en descend un homme, ex-agent du KGB, à la recherche d`un ermite, survivant du goulag.
Dans ce pays âpre et grandiose commence alors une traque machiavélique pendant laquelle ni les bêtes sauvages, ni les incendies, ni les fous de Dieu, ni les tortionnaires n`entameront la détermination du chasseur et de sa proie.
Commentaire : Une aventure palpitante au coeur de la taïga sibérienne, au moment de deux débâcles : celle de la chute de l'URSS et de la vertigineuse fonte des glaces. Un livre immersif et spectaculaire qui donne une vision peu flatteuse de l'espèce humaine ! 5/5
Résumé de Magielivres sur Babelio : Nous sommes en Russie, la famille Poliakov va se mettre à table, lorsque trois sbires en civil du Komité pour la sécurité de l'Etat frappent à leur porte. Ils renversent et cassent tout. Les hommes du KGB les accusent de trahison, de propagande anti soviétique et prononcent les mots qui tétanisent les parents : article 58 ! Code pénal de l'URSS pour des crimes impardonnables. Les deux fils sont tirés par les cheveux et emmenés on ne sait où.
Sur le palier, le père aperçoit, le visage blême du fils des voisins qui observe la scène. Impassible.
Les parents, seront interrogés, torturés, humiliés durant des jours, jugés à huis-clos, ils seront condamnés sans appel à dix ans de camp de travail et déportés vers Irkoutsk puis à Oïmiakon pour dix ans de cauchemar.
En 1991, Boris Eltsine dissous l'inébranlable, l'inaltérable, l'immortelle Union soviétique, elle a disparu, dissoute par décret. C'est la débâcle. Plus d'Etat, plus de police, plus d'armée, plus d'économie.
Dans ce chaos total, il n'y a que le Komité qui résiste à la décomposition de l'État, par sa propre violence et à la terreur qu'il inspire. Un ordre de mission est imposé à Piotr Kournikov et il ne peut que s'y résigner. Il doit retrouver Boris Poliakov et l'éliminer. Pourquoi ?
La dernière fois ou Boris Poliakov a été repéré c'est à Balitsky Point, dans les terres reculées de Sibérie. Pour sa dernière rotation, l'hélicoptère pilotait par Vassili emmène Piotr dans ce patelin perdu de la taïga. Dès sa descente, il se met de suite en quête d'un guide pour l'emmener vers le nord, à une dizaine de jours de marche.
Malgré ses hésitations et sa perplexité, il acceptera que Liouba, jeune fille de quinze ans soit son accompagnatrice. Commence alors la traque machiavélique d'un ermite, survivant du goulag.
"Règle taïga : dans la taïga, ne pense qu'à la taïga." le danger est partout, les bêtes sauvages, le cerf, le loup, l'ours et l'aigle autant de menaces qui pèsent sur eux.
Liouba doit trouver de la nourriture, mais un instant magique lui permet de faire une pause. Les tétras noirs sont réunis dans une belle clairière pour les parades polygames, les mâles d'abord.
"Les soupirants sont arrivés la veille au soir, se faisant d'abord connaitre par de timides vocalises. Mais, depuis le matin, ils se défient en déployant leurs atours en une savante chorégraphie. de sauts battus en petites roues de queue. Caroncules écarlates turgescentes, cou distendu, bec ouvert, barbe hérissée, ils paradent en kaktakant." Un spectacle inoubliable.
Un autre danger terrible les attend, les incendies qui avancent à des vitesses vertigineuses et qui ne laissent rien sur leur passage.
"Des flammes gigantesques prennent vie, se dressent et enflent jusqu'à lécher le ciel, hydres furieuses hurlant leur haine incandescente, pendant que des fournaises sournoises enflamment le sous-bois d'une coulée de feu qui inonde les taillis d'un flot de flammes traîtresses et fourbes. Elles dansent une infernale sarabande et éclipsent le soleil naissant en un sabbat maléfique."
Les fous de Dieu qui vivent loin du monde pour préserver la pureté de leur foi, au regard habité, aux yeux déments.
"Pour la petite histoire, à propos de sectes cruelles, celle des scoptes, affirmait qu'Adam et Eve s'étaient fait des testicules et des seins avec les pommes de l'Eden. Pour éviter toute tentation, le baptême des scoptes imposait la castration des hommes et l'ablation des seins des femmes. Les fanatiques ne sont jamais à court de barbarie… "
Des bandits qui veulent profiter de la situation.
Tout ce qui leur arrive, n'empêchera pas Piotr de continuer la traque de sa proie, même au péril de sa vie. Une nature magnifique mais dangereuse quand on ne la connait pas et qu'on ne sait pas reconnaitre les moindres traces.
"La taïga est un monde à part, reprend Fiodor. Tu y trouves l'avant-garde de l'avidité géologique, minière et pétrolière soviétique au complet. Tu y croises aussi des pêcheurs, des chasseurs, des braconniers, des fugitifs, des autochtones, des vieux croyants, des ermites. Ceux qui, par choix, par contrainte, par désir de spiritualité ou par goût de l'aventure, sont revenus à la forêt."
(Suite GB : Piotr réalise que Fiodor est en fait son père, et Liouba sa soeur. En effet, il avait été placé en orphelinat lorsque ses parents ont été déportés. Il met du temps à le réaliser. )
Débâcle de Ian Manook, une quête captivante dans ce pays âpre et grandiose. Un roman d'aventure magnifique tout comme l'écriture de cet auteur que j'aime beaucoup. Un moment unique, dans cette immense forêt de la taïga, en compagnie de Piotr, Liouba, Vassili, Yuliana, Sacha, Fiodor et je n'oublie pas le chien jaune. Parmi les animaux, et certains hommes pires que des bêtes sauvages. On apprend les différentes plantes et arbres majestueux. Un brin de chamanisme qui n'a pas été pour me déplaire. Je me suis attachée à tout ce petit monde. Une histoire palpitante.
Résumé éditeur : « Le cahier, c’était la première chose que m’avait montrée le juge, quand tout à l’heure j’étais entré dans son bureau. Sous la couverture souple et transparente, on pouvait lire au feutre noir : MON MAÎTRE ET MON VAINQUEUR.
Sur les pages suivantes, il y avait des poèmes. Voilà ce qu’on avait retrouvé sur Vasco : le revolver, un cahier noirci d’une vingtaine de poèmes et, plus tard, après expertise balistique, des résidus de poudre sur ses mains.
Voilà ce qu’il en restait, j’ai pensé, de son histoire d’amour. »
Commentaire (aide ChatGPT car écrit trop tard par rapport à la lecture ! ) :
Le roman débute comme une enquête judiciaire. Un écrivain — qui est aussi le narrateur — est convoqué par un juge d’instruction. Son meilleur ami, Vasco, vient d’être arrêté. Lors de son arrestation, la police a retrouvé sur lui un revolver, des traces de poudre sur ses mains et un cahier rempli de poèmes d’amour. Le juge pense que ces éléments sont liés à une affaire grave et demande au narrateur de raconter ce qu’il sait.
Le narrateur, un ami proche à la fois de Vasco et de Tina, reconstitue alors l’histoire de Vasco.
Vasco tombe profondément amoureux de Tina. Cet amour n’est pas simple dès le départ : Tina est une femme libre, imprévisible et déjà engagée ailleurs. Leur relation devient très intense. Ils vivent une passion faite d’attirance, de désir et d’obsession. Vasco s’abandonne complètement à cet amour ; il écrit des poèmes, pense constamment à elle et organise sa vie autour d’elle.
Mais cette relation devient progressivement destructrice :
Vasco souffre de la jalousie et de l’incertitude.
Tina reste difficile à saisir ; elle se rapproche puis s’éloigne.
Les ruptures et les retrouvailles se répètent.
La passion finit par prendre toute la place dans la vie de Vasco.
Le roman montre comment l’amour peut transformer quelqu’un jusqu’à le faire perdre le contrôle de lui-même. Vasco ne maîtrise plus vraiment ses émotions ; il devient presque prisonnier de ses sentiments.
Pendant tout le livre, le lecteur ne sait pas exactement pourquoi Vasco a été arrêté ni ce qui s’est produit avec le revolver. L’auteur entretient ce suspense jusqu’à la fin.
La révélation finale n’est pas seulement « qui a fait quoi », mais surtout le constat que cette passion a consumé Vasco. L’histoire montre qu’il a été vaincu par son amour : ce sentiment l’a dominé, absorbé et conduit vers une issue dramatique. Le titre renvoie à cette idée : l’être aimé devient à la fois « maître » et « vainqueur » de celui qui aime.
En effet, le jour du mariage de Tina et Edgar, Tina met beaucoup de temps à rejoindre le marié: elle a coupé tous ses cheveux, comme pour changer de vie. Elle remonte l'allée vers le marié tellement soulagée qu'elle arrive, tête nue. Mais Vasco arrive alors sur un âne, tend la main à Tina. Edgar le charge avec une hallebarde arrachée du décor, comme pour l'embrocher, mais il est stoppé net par un tir : le revolver de Verlaine le touche en plein ventre. Plus de peur que de mal, il n'aura qu'un bleu, car il avait doublé son costume d'une de ses fameuses doudounes!
En une phrase : c’est l’histoire d’un homme qui aime tellement qu’il finit par se perdre lui-même.
Un livre très bien écrit, un peu trash parfois, avec certaines invraisemblances (Tina continue de travailler, d'avoir des activités et des prendre des bains interminables alors qu'elle a des petits jumeaux à Paris !). Mais le récit est haletant, les passages poétiques très réussis. Bravo !
Incipit :
Est-il sensible ou moqueur,
Ton coeur?
Je n'en sais rien, mais je rends grâce à la nature
D'avoir fait de ton coeur mon maître et mon vainqueur."
Résumé éditeur : Tout commence par un incendie, un bébé et... un sanglier.
Paris est transformé par des travaux titanesques, le cœur d'un homme est écartelé, le monde rural menacé, des femmes sortent de l'oubli, et les membres de la famille Pelletier, toujours plus proches de nous, marchent inexorablement vers leur destin. Au terme d'un effroyable dilemme moral, ce sera l'effondrement ou l'apothéose.
Par bonheur, le chat Joseph veille encore.
Passionnant, déchirant, enthousiasmant.
Un grand roman de Pierre Lemaitre.
Les romans de Pierre Lemaitre ont été récompensés par de nombreux prix littéraires nationaux et internationaux. Après l'immense succès du Grand Monde, du Silence et la Colère, et d'Un avenir radieux, il clôt avec Les Belles Promesses sa plongée mouvementée et jubilatoire dans les Trente Glorieuses.
Commentaire : Quelques invraisemblances dans ce dernier tome, une histoire un peu tordue parfois, mais toujours autant de plaisir à retrouver la famille Pelletier ! Les 500 pages se lisent vite et avec beaucoup de plaisir, notamment lorsqu'on assiste aux grandes étapes histoire française : la construction du périphérique parisien par exemple.
Résumé : Le roman se déroule au début des années 1960 et suit la famille Pelletier dans une France en pleine transformation. Tout commence par un événement spectaculaire : un incendie éclate dans un immeuble parisien. Jean Pelletier, surnommé « Bouboule », s’y précipite et sauve un nourrisson. Ce geste fait de lui un héros aux yeux du public et des médias. Pourtant, cette image héroïque repose sur un malentendu, car Jean était en réalité entré dans l’immeuble avec des intentions bien plus sombres.
À partir de cet épisode, sa vie bascule. Il devient une figure publique, gagne en reconnaissance et accède à des cercles influents. Cette ascension sociale est largement encouragée et exploitée par son épouse, Geneviève, une femme ambitieuse et manipulatrice qui voit dans cette notoriété une occasion de gravir les échelons sociaux. Ensemble, ils s’installent dans une réussite de façade, fondée sur les apparences et les opportunités.
Mais derrière cette réussite se cache une réalité beaucoup plus inquiétante. Jean mène une double vie et est lié à une série de crimes violents. Cette dimension sombre du personnage introduit une tension croissante dans le récit, d’autant plus que l’enquête sur ces meurtres est menée par son propre frère, François Pelletier. Celui-ci, déterminé et méthodique, remonte peu à peu la piste du coupable, sans imaginer au départ qu’elle pourrait le conduire au cœur de sa propre famille.
Le roman se transforme alors en un véritable drame moral. François se retrouve face à un dilemme déchirant : doit-il protéger son frère ou faire éclater la vérité ? Plus l’enquête avance, plus les indices s’accumulent, et plus le conflit intérieur devient insoutenable.
Parallèlement, la vie familiale des Pelletier se dégrade. Le foyer de Jean et Geneviève est marqué par la domination, les humiliations et les tensions permanentes. Leurs enfants, Colette et Philippe, grandissent dans ce climat toxique et tentent de se construire tant bien que mal. La présence de Thérèse, la sœur de Geneviève, exploitée et maltraitée, renforce encore l’image d’un univers familial profondément déséquilibré.
En toile de fond, le roman dresse le portrait d’une société en mutation : modernisation des villes, grands projets d’aménagement, évolution des modes de vie, mais aussi persistance des inégalités sociales. Les trajectoires des personnages s’inscrivent dans ce contexte historique, où les promesses de progrès et de réussite semblent accessibles, mais se révèlent souvent illusoires.
A la fin du roman, Bouboule décide de se suicider pour échapper à la guillotine et au déshonneur. Pour éviter de laisser sa famille avec Geneviève, il décide de la tuer en même temps que lui dans un accident de voiture. Mais Jean se fait assassiner par Manuel, le créateur de la coopérative agricole, lors d'une réunion au sujet du périph. Il choisit Jean car il a l'air de faire partie des mafieux qui ont expulsé plus d'habitants que nécessaire pour pouvoir faire une opération immobilière. Heureusement, le chat Joseph provoque la chute de Geneviève dans les escaliers, les enfants sont confiés à Thérèse et vivent heureux.
Colette est soulagée d'avoir partagé son secret avec Soeur Amandine, Philippe s'est remis de son amour pour Thérèse, fier que son père ait été son amant. Par contre, François semble garder le secret de la culpabilité de Bouboule pour lui ?
J'ai aimé le retour aux sources de la famille au Liban, les gens, les odeurs familières.
L'auteur signe François Pelletier en fin de roman et attribue une grande part du récit à son histoire personnelle, le récit de sa famille. Je serais curieuse de savoir jusqu'à quel point?
Résumé éditeur : Au printemps 2020, les trois filles de Lara retournent au verger familial dans le Nord du Michigan. Tout en cueillant des cerises, elles supplient leur mère de leur raconter l'histoire de Peter Duke, un célèbre acteur avec lequel elle a partagé à la fois la scène et une idylle l'été de ses vingt-quatre ans. Tandis que Lara se remémore le passé, ses filles examinent leur propre vie, leur relation avec leur mère, et sont amenées à reconsidérer le monde et tout ce qu'elles croyaient savoir.
Empreint d'espoir, élégiaque, le neuvième roman d'Ann Patchett est une méditation sur l'amour - conjugal, de jeunesse - et les vies que les parents ont menées avant la naissance de leurs enfants.
Commentaire : Je n'ai pas du tout accroché en début de lecture: on se perd entre les personnages, la narratrice alterne le présent et le passé sans transition identifiée, d'autant que certains prénoms sont identiques. La lecture est plus facile ensuite mais reste laborieuse. Le dernier quart devient plus fin et prenant. Lorsque j'ai reçu le livre de la BO, 3 personnes l'avaient noté 2/5.
En définitive, je l'ai trouvé sensible, j'ai aimé le revirement de situation en milieu de livre : la narratrice, donc la maman, vit la meilleure période de sa vie : elle est actrice et passe la saison près de Tom Lake, avec un groupe d'amis qu'elle adore, et en couple avec un acteur qui deviendra très célèbre, et qui l'adore lui aussi. Elle joue très bien sans faire aucun effort, gagne de l'argent, la vie s'ouvre à elle. Mais en jouant au tennis, forcée par Duke, elle se rompt le tendon d'Achille: c'est le catalyseur de la 2ème partie du livre. Duke, qui était déjà impossible, ne s'occupe plus d'elle et ne la conduit même pas à l'hôpital. Sa meilleure amie prend son rôle mais ne prend pas de nouvelle d'elle, et ira même jusqu'à sortir avec Duke alors qu'elle est toujours en couple avec lui. Elle ne juge pas et ne se plaint pas, mais elle se retrouve très seule, décide d'arrêter sa carrière d'actrice pour reprendre la couture. Duke la rappelle, il est enfermé dans une clinique pour se désintoxiquer de l'alcool. Elle ne sait pas dire non, il la coince et elle se retrouve enceinte, ce qu'elle n'a jamais révélé à personne. Elle avorte, se sent très seule. En parallèle, elle retrouve Joe, le metteur en scène de la pièce qu'elle jouait. Lorsqu'elle était avec Duke, il l'avait invitée chez son oncle et sa tante, dans une magnifique propriété entourée de champs et de cerisiers, elle s'y était instantanément bien sentie. Lui avait déjà le béguin pour elle. On réalise alors qu'il s'agit de son mari actuel, avec qui elle a eu ses quatre filles. A la fin du roman, la famille apprend le décès de Duke, et son souhait d'être enterré dans le cimetière de la propriété, ce qui constitue une belle fin au roman.
La relation mère-fille, et les différents caractères de filles, sont également bien décrits dans le roman, j'ai aimé cette facette. Dommage que l'écriture soit si hachée et décousue.
Résumé éditeur : Le corps de Caitlin Black est retrouvé à l'embouchure d'An Loch Dubh, le loch noir, sur la côte ouest de l'île de Lewis. La jeune femme, habituée des sujets sur l'environnement et nageuse émérite, a été violée et battue avant d'être assassinée. Lorsque Fionnlagh, le fils qu'il a eu de Marsaili, est accusé du crime, Fin Macleod plaque son boulot à la police de Glasgow et s'envole aussitôt vers sa terre d'enfance.
Il l'a quittée dix ans plus tôt pour vivre librement son amour pour Marsaili. Comment disculper son fils alors que les preuves l'accablent ? Comment renouer avec les Hébrides alors que les baleines s'échouent sur les plages ? Comment faire face aux ombres qui remontent du passé ? Dans ce jeu de faux-semblants, Fin Macleod va devoir traverser les mensonges et les secrets des hommes, les cruautés de l'océan qui ne pardonne ni aux imprudents ni aux téméraires.
Et s'il le faut, affronter la mort. Avec ce roman poignant, Peter May redonne vie au héros emblématique qui a bouleversé des millions de lecteurs à travers le monde et nous prend à nouveau au coeur dans l'abîme du loch noir.
Commentaire GG: Un bon polar, dans la continuité des précédents de Peter May que j'avais aimés. Le fils de l'inspecteur s'accuse lui-même d'avoir eu une relation avec la jeune fille de 18 ans, dont il était follement amoureux. Son père ne peut pas y croire et mène l'enquête. Comme dans les précédents romans, des souvenirs de sa jeunesse sur l'île lui reviennent, dont un épisode assez traumatisant. Niall, dont le père élève des saumons en mer, propose à la bande d'amis dont faisait partie Fin d'en voler quelques uns pour les revendre au black. Comme ils ressemblent à des saumons sauvages, ils valent cher. Mais en pleine nuit de tempête, l'un des amis tombe et se noie. Le secret est gardé entre les amis, mais les liens se distendent. Aujourd'hui, c'est Niall lui-même qui est à la tête de la grande ferme d'élevage de poisson. C'est un personnage trouble, sans limite et le fils semble tout aussi bizarre. En enquêtant, il réalise que des militants écologistes, dont faisait partie Caitlin, ont découvert qu'à force d'augmenter le nombre de poissons dans les grands filets, les maladies et les poux de mer se répandaient, ce qui a conduit l'éleveur à déverser des tonnes de produits chimiques nocifs. Après de nombreuses péripéties, on découvre que Caitlin n'est pas morte suite à la chute durant la dispute avec Fionnlagh, mais elle a été repêchée par le fils de Niall qui l'a tuée, furieux d'apprendre qu'elle menaçait son empire. Le récit évoque aussi un échouage de baleines, la jeunesse désoeuvrée sur l'île, bref, une immersion passionnante sur l'ile de Lewis, qui se trouve au Nord ouest de l'Ecosse.
Résumé éditeur : Odette Brown a passé toute sa vie en périphérie de Deane, une petite ville rurale australienne. Sa fille Lila a disparu sans jamais revenir, lui abandonnant la petite Sissy, âgée d’un an. Pendant treize ans, Odette a réussi à élever sa petite-fille discrètement, évitant l’attention des services sociaux qui enlèvent les enfants aborigènes à la peau claire à leur famille. Mais l’arrivée en ville d’un nouveau policier zélé, bien décidé à faire respecter la loi à la lettre, perturbe la vie des Brown. Odette devra faire preuve de courage et de ruse pour protéger Sissy des autorités tout en tentant de retrouver sa fille.Dans cette fuite à travers l’Australie des années 60, le plus grand conteur indigène australien d’aujourd’hui nous offre un roman immersif et d’une profonde humanité, qui explore les limites que nous sommes prêts à franchir pour protéger ceux que nous aimons.Tony Birch est universitaire, militant aborigène et l’un des auteurs les plus populaires d’Australie. Son roman La Petite Fille blanche a reçu le « Prix des écrivains indigènes » au prestigieux New South Wales Premier’s Literary Awards. C’est son deuxième livre à paraître en français après Du même sang (Mercure de France, 2016).
Commentaire : Un beau roman, très poignant, illustrant l'amour et le courage d'Odette Brown, pour sauver sa petite fille des services sociaux australiens.
Odette a perdu son mari dans un accident dans les mines, elle élève seule sa fille, mais celle-ci tombe enceinte, violée par un riche propriétaire blanc. Peu après l'accouchement, elle disparaît brutalement alors qu'elle n'a que 15 ou 16 ans, laissant le bébé derrière elle. Folle de douleur, Odette fait tout pour la retrouver mais n'y parvient pas. Elle élève donc Sissy dans la frugalité et la droiture, en essayant de ne pas attirer l'attention des propriétaires blancs qui l'entourent. Elle évoque ses souvenirs d'amis ou de famille persécutés par les Blancs. Ces derniers décident de l'avenir des enfants aborigènes et les arrachent à leurs mères, pour les rééduquer. En général ils perdent tout lien avec la famille et vivent dans des pensionnats violents et sévères. L'arrivée d'un nouveau policier dans sa bourgade la pousse à s'enfuir avec Sissy vers la capitale, histoire de retrouver sa fille. Poursuivie par le policier, elle est recueillie et sauvée par d'autres aborigènes, qui l'aident à obtenir un certificat de dispense de la loi sur les aborigènes, et la garde de sa petite fille. Cela l'exclut de l'"Aborigenes Protection Act" auquel elle était précédemment soumise. A sa mort, dans les années 80, Sissy retrouve la maison délabrée, la fameuse baignoire et disperse les cendres de sa grand-mère parmi les tombes des "anciens" qui l'ont toujours guidée dans ses choix.
Le livre est bien documenté, dépeint avec précision le quotidien ses aborigènes, les persécutions, la dureté de la vie dans ces zones rurales. Il n'est pas particulièrement écrit et le scénario est assez basique, mais c'est un bon moment de lecture. Il se lit vite et il est plutôt émouvant avec des personnages touchants.
Résumé éditeur : Hector et Luz sont amoureux depuis l'adolescence. Aux yeux du monde, pourtant, ils sont incompatibles : du panel des amours possibles est exclu le leur. Redouté par leurs familles respectives, empêché par la société, il n'a nulle place où s'installer. Hector et Luz sont handicapés et, visiblement, leurs coeurs ont des raisons que les autres font mine d'ignorer. Malgré tout, par leur force et la grâce des rencontres, celle de Carlo notamment, leur éducateur, un couple se construit. Roméo et Juliette fragiles et entravés, ils vont chercher à abattre petit à petit les obstacles, dont celui, si tenace, de l'infantilisant regard de l'autre. Avec une écriture aussi incarnée que précise, Gabrielle de Tournemire livre un roman d'apprentissage, chemin de compréhension de soi et de l'autre, micro-fresque de la naissance possible d'une famille différente, unique.
Commentaire : Hector et Luz sont amoureux depuis l'adolescence mais ils sont incompatibles aux yeux du monde car ils sont tous les deux handicapés. Un livre magnifique, délicat, bien écrit, j'ai adoré. On suit des parents aimants, déboussolés mais forts, et cette histoire d'amour.. presque impossible. Rocambolesque même !
Le livre commence par Carlo, il s'agit de l'éducateur d'Hector, il vient d'obtenir son diplôme et il est presque déçu de s'occuper d'un enfant qui est certes sage, mais taiseux, tout est sous contrôle. Mais il finit par s'attacher lui, jusqu'à lui proposer d'être son témoin de mariage. En effet, après l'annonce de son mariage à Hector, ce dernier demande lui aussi son amoureuse en mariage, devant une assemblée éberluée ! L'heureuse élue est Luz, qu'Hector appelle Mouche. Elle est tout l'inverse d'Hector : extravertie, rieuse solaire, perchée. Pour Hector, qui apprend, progresse, et qui a toujours obéi à ses parents il n'y a aucune autre voie: il veut être avec Mouche. Mais le handicap de Mouche s'aggrave, tandis qu'Hector s'insère de mieux en mieux dans la société. Devant l'insistance, qui persite, les parents sont désemparés. Que faire de ses sentiments amoureux? Lâcher un peu la bride, leur accorder du temps ensemble. Mais voilà, un accident survient lorsqu'il prêtent leur maison au couple (Luz boit de l'alcool et oublié ses médicaments, elle atterrit à l'hôpital), il faut revenir en arrière et tout remettre en question. Mais l'un sans l'autre c'est impossible, et pour les parents la même difficulté se présente, comment couper le cordon avec un enfant qui occupe toute la place? Au fil des années, Hector est embauché en cuisine dans un restaurant, il est très doué. Luz adore les enfants, elle est chamboulée de réaliser qu'elle n'en aura jamais. Et personne ne veut lui confier les siens. Heureusement ses soeurs lui trouvent une place dans un café poussette, où elle joue avec les enfants quelques heures par semaine et se rend utile.
Finalement, après un nombre incalculable de tentatives infructueuses, les parents trouvent un foyer supervisé disposant d'un appartement pour un couple. Hector et Luz approchent de la félicité, et de leur rêve d'ordinaire.
Quelques beaux passages :
Au moment où le gynéco annonce aux parents une anomalie chromosomique chez l'enfant, P48 : "Si chacun, dans son coin, avait senti tomber un petit bout de son coeur, leur mutuel besoin de soutien décupla leurs forces respectives, et la chute des ces petits bouts de coeur fut compensée à ce moment-là par un élan très pur, un élan de l'un vers l'autre. Instinctivement, le mot d'ordre fut de pallier la douleur d'à côté, de créer par la pression d'une main sur l'autre un espace matelassé, de soie ou de velours, pour que chacun récupère le bout de coeur de l'autre."
Constat affligeant :"Etre handicapé, c'est apprendre sans cesse à se contenter de moins." et illustrer le parcours du combattant des parents qui ne lâchent pas.
L'annonce à la famille de la grossesse P55: "Flottement. Moment vague, d'autant plus vague que Rebecca souriait en pleurant, donnant aux convives des signaux contradictoires quant à la manière de réagir."
Ce livre m'a émue plusieurs fois aux larmes, il est d'une délicatesse incroyable et "sonne vrai".
Liste et petits résumés de mes lectures... Attention, ne pas lire les résumés jusqu'au bout car je révèle parfois la fin!
Ce blog est destiné à me remémorer ce que j'ai aimé dans une lecture, les soubresauts d'une histoire, etc.