Résumé éditeur : Evie Porter a tout pour elle. Une belle maison, un petit ami parfait, des amis sophistiqués. Une vie de rêve. Seulement, Evie Porter n’existe pas. Son identité a été inventée de toutes pièces par son mystérieux patron, Mr. Smith. Sa mission : s’infiltrer dans la vie de Ryan Sumner et attendre de nouveaux ordres. Mais lorsqu’une femme se présente un jour sous sa véritable identité – son secret le mieux gardé –, tout bascule. Qui manipule qui, finalement ? Serait-ce en réalité Evie, la cible ?
D’une précision chirurgicale, Ashley Elston manipule brillamment son lecteur dans ce thriller d’espionnage revisité où faux-semblants et trahisons s’entrelacent pour un dénouement aussi surprenant qu’implacable.
Commentaire : Un thriller très efficace, une intrigue bien menée, et presque sans violence. De son vrai nom Lucca, l'héroïne réalise des missions secrètes pour un patron malfrat, qui la paie bien. Elle change d'identité à chaque nouvelle mission. Son but ultime : avoir assez d'argent pour quitter le métier et avoir une vie paisible dans une jolie maison avec des fleurs sur le balcon, comme sa maman morte d'un cancer en avait rêvé. Elle tombe presque amoureuse du dernier homme qu'elle doit surveiller, et le récit nous laisse croire qu'il est certainement aussi mêlé à l'histoire, mais finalement non. Ils se retrouvent, et elle réussit à mettre le fameux M. Smith dans les mains de la mafia qui lui règlera sûrement son compte. A la fin du livre un compère l'appelle Mrs Smith et on se demande si elle n'était pas sa fille? Et qu'elle voulait se venger de lui, qui a laissé sa mère seule et malade?
Le récit est très efficace, on vogue entre différents milieux américains: l'entourage d'un homme politique, etc.
Par contre, très grosse déception sur la traduction, qui est vraiment bâclée, et qui rend même la lecture compliquée parfois. Peut-être est-ce un problème d'écriture à la base ? Dommage pour un éditeur comme Actes Sud !
P147 : "Avant longtemps, Ryan dépose un steak dans chaque assiette avec une portion de légumes grillés.."
P148 : "Au lieu qu'on les imagine juste bossant dans la même boîte, on a l'impression qu'elle a eu pitié de lui."
Résumé éditeur : On fait partie d'une grande famille. On sait qu'on est privilégiés. On vit ensemble, dans notre immeuble au centre de Paris, on se retrouve l'été dans notre maison à la montagne. On trouve que c'est normal. C'est chez nous, c'est à nous, c'est pour nous. On se ressemble, on se compare, on se confronte, on ne se quitte pas, on se confond, on s'appartient. On ne sait pas comment dire je, on n'en a pas besoin, puisqu'on est nous. Nous les enfants, les frères et soeurs, les cousins, les cousines, on partage tout, nos écoles, nos chambres, nos habits, nos repas, nos jeux, nos bains, nos lits. On est les membres indissociables du grand corps familial. On n'a jamais vécu dehors. On ne sait pas ce que c'est. On n'en est pas capables. On n'en a même pas envie. Et tout aurait dû continuer ainsi, dans un même immuable recommencement. Le jour où la façade s'est fissurée, on n'a pas compris. Ça n'aurait pas dû se produire, pas dans notre famille. Ce n'était pas possible que ça nous arrive, à nous aussi.
Commentaire : L'écriture est formidable. Le "on" est très étouffant.. parfois on se perd un peu dans le récit. J'ai beaucoup aimé les traditions familiales, décrites par thèmes : les études à H4, etc.
Ce résumé me plaît : (France Inter )
"C’est un livre qui suit plus ou moins une chronologie, et qui balaie en courts chapitres une vie collective d’abord vue à hauteur d’enfants. Celle d’une famille qui habite toute ensemble dans un immeuble cossu du 5ᵉ arrondissement parisien, qui affuble sa nombreuse progéniture des prénoms des aïeuls, qui les habille avec les vêtements des cousins devenus grands, chez qui on ne met pas les coudes sur la table, et on dit "bonjour madame" à la voisine même si on la méprise ; où on dort l’été à dix dans des draps de lin siglés en haut d’une maison de vacances qu’on appelle "le Château", où on se déguise avec les médailles honorifiques des ancêtres découvertes au grenier, où on joue des heures dans la campagne, et où on ne se plaint pas trop de s’être écorché au genou, de subir les jeux des plus grands, ou de ce que l’on sert au dîner. Une famille où on préfère Stendhal à Flaubert(tiens tiens), où on va à la messe comme on va au lycée Henri IV - automatiquement -, et dont adolescent ou adolescente on tente parfois de s’extraire, ou au contraire dont on reproduit exactement la même mécanique.
Le récit progresse ainsi à mesure qu’une génération grandit – celle de l’autrice, on le comprend vite – et que devient de plus en plus manifeste le malaise et l’étouffement. Car c’est aussi une famille où on ne dit pas les choses, où on laisse les enfants grandir ensemble, confiants dans la force du clan. Une famille dont un jour pourtant, un des fils se jette par la fenêtre."
J'ai juste trouvé certains chapitres inégaux, notamment, l'âge adulte, j'ai été un peu perdue.
Le passage à l'âge adulte révèle un mal-être profond. la narratrice ce demande ce qu'elle a. Certains couinas évoluent bizarrement ("elle ne s'est jamais mariée")Et après des errances professionnelles et amoureuses, elle s'isole, puis elle recherche, elle demande aux cousins. Elle réalise que la mort de son frère était peut-être liée à un événement? ET se sent "sale" des moments partagés entre adolescents et avec son frère qui lui imposait une certaine proximité. Les adultes les ont surpris mais n'ont rien dit.
Récit très poignant, dans le quel la qualité de l'écriture joue un rôle fondamental.
Quelques extraits :
"On se ne sent pas inférieurs, on se dit qu'on a d'autres valeurs, on ne veut pas devenir riches, ça nous suffit de transmettre, éduquer, faire rayonner ce patrimoine, ces acquis familiaux, l'évidence de la culture qui est la nôtre. C'est gratuit, c'est sans prix, ça ne peut pas se vendre, pas se céder, ni s'acheter, on s'en imprègne lentement, on cuit dedans, ça nous distingue, même sans argent."
"On a tout lu, on sait tout, on a le jugement fait, les classiques on les connaît, on les a lus vraiment."
"On est conscient de ce qu'on sait, pas seulement les lectures ou les tableaux, mais le langage, l'art de vivre, les bonnes manières."
"On passe au salon pour le café. On savoure l'arabisa dans des tasses à moka, on compare les crus, les torréfactions. On l'accompagne d'un carré de chocolat noir."
"Dans le couloir qui mène à la cuisine, il y a un mur avec nos noms. Chaque année, on nous mesure, on trace un trait pour notre taille, on inscrit nos prénoms."
La dimension autobiographique apparaît surtout dans le mouvement du récit : le « je » finit par émerger.
Au début, l’individu est noyé dans le « on » familial. Cette disparition du « je » peut être mise en relation avec le traumatisme et le silence autour de l’inceste : il devient difficile pour la victime de distinguer sa propre expérience de celle du groupe.
Anne Godard explique d’ailleurs que la deuxième partie du roman conduit vers le « je », mais que ce « je » doit être retrouvé en remontant vers le moment où il aurait dû pouvoir émerger et être protégé.
Résumé éditeur : Qui aurait pu prédire le destin d’Anne, mère au foyer passionnée de couture qui propose ses créations en ligne, le jour où une star planétaire apparaît portant une de ses combi-shorts ? Certainement pas Blanche, patronne du magazine féminin Attitude, revenue de tout et de tous, pressurisée par ses actionnaires chinois, et déterminée à dissimuler ses fêlures. Peut-être davantage Myrtille, jeune styliste bourrée de talent et convaincue que les réseaux sociaux sont le nouvel Eldorado du secteur.
À travers ces portraits de femmes, de Viroflay à New York, des couloirs de l’école à ceux du Ritz, ce sont les affres et les joies de la mode, de l’influence et de la vie tout court que dépeint comme personne Adèle Bréau. Grâce à ce cadre qu’elle connaît par cœur, elle explore une nouvelle fois les thèmes qui lui sont chers, l’amour, la sororité, le choc des générations et la difficile conciliation de toutes nos envies.
Commentaire : J'ai aimé ce livre, assez distrayant et vraiment intéressant sur le milieu de la mode. Effectivement le destin des 3 femmes est cousu de fil blanc, autour de la sororité un peu comme comme dans les romans feel good. L'apparition de Beyoncé dans le récit est un peu convenue, comme de nombreux passages. Mais la mode est un milieu magique et passionnant et l'autrice en parle avec beaucoup de coeur, en analysant les dérives, mais sans les juger, elle essaie de transmettre ce qui fait la beauté de ce milieu et qui finalement appartient au patrimoine français. Elle raconte très bien, on a l'impression que de nombreux exemples ont été vécus: les fêtes, le stress des défilés, les mannequins, etc.
J'ai regardé une vidéo sur Adèle Bréau qui est journaliste mode au journal Gala, sa vie ressemble tellement à celle de Blanche de Rochefort !
Anne, bien qu'emportée par ce milieu qui la fait rêver, mais tomber son compte. Comme Blanche l'avait prédit, c'était éphémère, et son home-jacking l'a plongée dans une sévère dépression. Myrtille, elle, perce dans ce milieu, mais elle met son énergie au service d'un nouvelle fonsdation pour enfants malades, à ui des stars de la mode viennent rendre visite grâce à elle. quant à Blanche, elle retrouve son inspiration et sa verve, elle sort une collection ultra confidentielle au nom du journal "Attitude". Lors du défilé, les portables sont interdits, ce qui n'empêche pas un buzz énorme, beau pied de nez aux réseaux sociaux.
Résumé éditeur : En 1976, mon père a rouvert la maison qu’il avait reçue de sa mère, restée fermée pendant vingt ans.
À l’intérieur : un piano, une commode au marbre ébréché, une Légion d’honneur, des photographies sur lesquelles un visage a été découpé aux ciseaux.
Une maison peuplée de récits, où se croisent deux guerres mondiales, la vie rurale de la première moitié du vingtième siècle, mais aussi Marguerite, ma grand-mère, sa mère Marie-Ernestine, la mère de celle-ci, et tous les hommes qui ont gravité autour d’elles.
Toutes et tous ont marqué la maison et ont été progressivement effacés. J’ai tenté de les ramener à la lumière pour comprendre ce qui a pu être leur histoire, et son ombre portée sur la nôtre.
Commentaire :
Très sensible.
Ecriture formidable, très fine.
Beaucoup de redites et d'analyses
Parfois difficile de distinguer le réel du romancé.. ce qui peut interroger.
Vraie saga, attachement aux personnages qui donne envie d'en savoir plus sur sa famille à soi.
Résumé IA :
Ce roman-fleuve de 750 pages s'articule comme une enquête généalogique intime bâtie en cinq mouvements majeurs.
1. Le déclencheur : L'ouverture des secrets (1976)
Le narrateur part d'un traumatisme initial : le suicide de son père en 1986. Pour comprendre ce geste et la fatalité qui pèse sur sa lignée, il remonte dix ans plus tôt, en 1976, lorsque ce même père a rouvert la vieille maison de famille à La Bassée, close depuis vingt ans.
Dans cette demeure figée, les objets brisent le silence : un piano muet, une Légion d'honneur et surtout, des albums de famille où le visage de la grand-mère, Marguerite, a été découpé méticuleusement. Le narrateur décide alors de reconstituer le puzzle de sa lignée pour réparer ces « trous » de mémoire.
2. Marie-Ernestine et la Première Guerre mondiale
L'histoire plonge au tout début du XXe siècle avec l'arrière-grand-mère, Marie-Ernestine :
Un destin brisé : Passionnée de musique, elle est envoyée étudier le piano, mais ses ambitions artistiques sont balayées par un mariage arrangé avec Jules, un propriétaire terrien. Elle est reléguée au rôle domestique de maîtresse de maison rurale.
Le traumatisme de 14-18 : Jules part au front et meurt en 1916. Pendant la Première Guerre mondiale, la maison et la ferme sont gérées d'une main de fer par Jeanne-Marie (la mère autoritaire, gardienne rigide des apparences et de l'honneur familial). Marie Ernestine s'efface, laissant derrière elle ses partitions et sa collection de romans de Zola.
3. Le drame de Marguerite et la Seconde Guerre mondiale
C'est le nœud tragique du livre, qui explique l'effacement des photos :
La honte de la Libération : Marguerite, la fille de Marie-Ernestine, grandit dans cette atmosphère étouffante. Pendant la Seconde Guerre mondiale et l'Occupation, elle vit un amour ou des compromissions qui lui vaudront d'être tondue à la Libération.
L'exclusion : Pour laver l'honneur de la famille et étouffer le scandale aux yeux de la communauté, Jeanne-Marieet les proches décident de l'exclure symboliquement. On la rase, on l'enferme dans la honte, et on découpe littéralement son visage de toutes les archives de la maison. Elle devient un fantôme vivant, une « enfant qui n'a pas été aimée ».
4. L'atavisme et le suicide du père (1986)
Le roman montre comment la violence de ces secrets et la rigidité de cette éducation rurale se transmettent aux hommes de la famille :
Le père du narrateur grandit dans l'ombre de cette « maison de la honte » et des silences.
Bien qu'il tente de se réapproprier les lieux en 1976, le poids du passé (l'atavisme familial) est trop lourd. En 1986, incapable de surmonter ces traumatismes enfouis et ses propres failles, il met fin à ses jours.
L'issue du livre
À travers une écriture aux phrases amples et denses (qui rappelle Flaubert ou Proust), le narrateur ne cherche pas à juger. Son travail d'écriture est une tentative de réhabiliter ces femmes broyées par le patriarcat, la guerre et le qu'en-dira-t-on, tout en posant des mots sur le silence pour s'en libérer enfin.
Souhaitez-vous que l'on analyse de plus près le style d'écriture de Laurent Mauvignier ou le rôle d'un personnage en particulier ?
Résumé éditeur : Les sœurs Blue sont aussi exceptionnelles et inoubliables qu’elles sont différentes :
Sérieuse et responsable, Avery semble être la fille aînée parfaite. Mais cette avocate à Londres cache une liaison secrète qui risque de bouleverser sa vie.
Déprimée après sa première défaite, Bonnie voit sa carrière de boxeuse remise en question. Alors qu’elle tente de se reconstruire à Los Angeles, un acte de violence va l’obliger à fuir la police.
Lucky, la benjamine rebelle, est mannequin à Paris où elle passe son temps de soirée en soirée avant que ses excès ne la rattrapent.
Un an après la mort soudaine et accidentelle de Nicky Blue, ses trois sœurs se rendent à New York pour empêcher la vente de l’appartement familial. Entre crises et disputes mais aussi fous rires et gestes d’amour, elles tentent tant bien que mal de surmonter leurs difficultés et de trouver leur chemin
Commentaire : Avis mitigé sur ce livre.. je n’ai pas aimé la première moitié : les 3 sœurs se battent contre leurs addictions, qui n’ont aucune limite: drogue, violence, alcool, fêtes déjantées.. bof bof.
Même si elles souffrent de la mort brutale de leur sœur, les conséquences semblent vraiment exagérées..
Nicky était atteinte d’endométriose, elle ne souhaitait pas subir d’hystérectomie pour garder la possibilité d’avoir des enfants. Et elle avait beaucoup de difficultés à obtenir des anti-douleurs, elle les a donc achetés à un dealer et elle est morte d’overdose.
Avery, l’aînée, ancienne droguée à réussi sa carrière d’avocate mais elle se remet à voler et à fumer, elle trompe sa femme Chiti et réussit à se disputer avec ses 2 sœurs.
Lucky est mannequin à Paris, elle se détruit par les drogues, sans aucune limite. Elle finit par accepter une cure chez les AA. Bonnie est le personnage le plus intéressant, elle est championne de boxe, mais elle décroche complètement à la mort de sa sœur et devient videuse dans une boîte de nuit . Elle casse la figure à un client violent et s’isole, pour revenir avouer son amour à son entraîneur Pavel.
La dernière partie est un peu plus douce et intéressante: les liens se tissent à nouveau, chacune se reconstruit comme elle peut.
Bref j'ai eu du mal à m'attacher à ces personnages (qui me semblent exagérés !) et au style trash de l'auteure. Je ne m'y attendais pas vu les commentaires enthousiastes sur ce roman.
Résumé éditeur : En juin 1934, Anna quitte le nord de l'Italie pour s'installer avec son mari dans un petit village de la région de Salento.
Altière et rebelle, elle ne cède pas aux coutumes des femmes du Sud et se présente à l'examen public des services postaux.
Devenue la première factrice de Lizzanello, elle est durant plus de vingt ans le fil invisible qui relie les habitants du village.
Un amour grandit doucement au fil des années entre elle et son beau-frère: ils se ressemblent énormément. Mais il ne verra jamais le jour (la fin est d'ailleurs décevante à ce sujet !)
Commentaire : Un livre distrayant, mais pas inoubliable, pas très bien écrit. Il fait voyage en Italie est c'est agréable, c'est déjà ça !
Résumé éditeur : Jess, que l'on a rencontrée dans "Avant l'été", est aujourd'hui une jeune femme heureuse d'une vingtaine d'années. Guide touristique à Venise, elle arpente la ville dans tous ses moindres recoins et découvre les nombreuses histoires qui la composent. Mais un jour, le propriétaire de l'appartement dans lequel elle réside dans le centre de la Sérénissime, décide de vendre. Elle doit rapidement trouver un nouveau lieu de vie dans une ville prise d'assaut par les touristes et les riches étrangers. Elle rencontre alors Maxence, que l'on dit être le plus grand avocat de la région et qui vit dans une maison sur l'île de Torcello.
Commentaire : Je n'ai pas eu de vrai coup de coeur pour ce livre, mais je comprends qu'on puisse l'adorer, l'écriture est délicate, contemplative. Le récit fait l'éloge du Beau. Les personnages m'ont tous semblé un peu déjantés ou paumés et cela m'a gênée, mais il y a finalement beaucoup de poésie. C'est juste qu'on ne sait pas vraiment où va l'auteurs.. et l'héroïne? on comprend au fur et à mesure du récit qu'elle est en deuil.
Elle habite plus ou moins à Torcello, s'occupe des repas et du jardin, découvre la cohabitation, les fêtes et les disputes du couple homosexuel qui habite la maison.
Venise est finalement la grande héroïne du livre, omni-présente, piégée par les eaux et piégeante aussi pour ses habitants.
Commentaire de Fanfanouche 24 sur Babelio :
Un immense coup de coeur pour ce texte de résistance à la médiocrité par la Beauté !
Jess, le personnage féminin central, est une jeune femme de vingt- six ans, qui a fui la France , sa famille,qu'elle aime ; cependant,elle se refuse à prendre le relais du petit hôtel de sa maman...Pour elle, c'est comme " faire la bonne", et elĺe attend plus de sa vie...
Ayant l'opportunité d'être logée provisoirement gratuitement dans une jolie demeure vénitienne, elle devient guide et se passionne pour ce travail qu'elle exerce avec compétence.
Cette occupation l'a fait vivre même si modestement...jusqu'au moment où le propriétaire qui lui avait permis de vivre dans sa maison, la prévient qu'il souhaite la vendre, et qu'elle doit se trouver un nouveau logement...
Pour l'aider financièrement, il l'adresse à un ami qui lui doit un service, Maxence, célèbre avocat pénaliste, vivant sur l'île de Torcello...
Maxence l'embauchera dans son domaine pour de multiples tâches: d' intendance de sa maison, nourrir ses chevaux, son chat, faire la cuisine, classer ses dossiers, mais également...être l'oreille attentive pour Maxence, forte personnalité à laquelle Jess s'attache profondément, comme une figure tutélaire qu'elle admire sans réserve, ..
Parallèlement, elle poursuit ses visites de la Sérénissime ...pour gagner sa vie, et entreprendre des prospections pour dénicher un toit à elle !
On se prend très vite de sympathie et d'affection pour les personnages:
- Jess, de son vrai prénom: Louise, jeune femme qui se bat, tente de trouver ce qu'elle aimerait faire dans la vie et de sa vie...
Maxence, un avocat aussi brillant qu' original, singulier, pétri de contrastes et de contradictions...
Homme très engagé, vivant un amour passionnel avec son amoureux.., qui a entrepris un vaste projet utopique dans son domaine sur l'ile de Torcello: reconstituer un ensemble de jardins très anciens....
"Il ne veut pas seulement recréer un paysage passé, mais planter pour l'avenir, que les jardins de Torcello soient un lieu pour les enfants des générations suivantes, qu'ils s'éveillent encore à la beauté, mettent au jour la part de sacré qui est en elle, et tentent d'en faire surgir le miracle, à leur tour et partout où ils iront.
- Si la beauté disparaît, plus personne ne saura qu'elle peut exister, et alors notre monde sera sans espoir."
Le récit nous offre un arc en ciel de descriptions extraordinaires de Venise, des paysages de la lagune et de ses îles... mais aussi à travers les préparations de Jesse, pour ses visites guidées , Jess nous fait partager la vaste histoire de la Sérénissime...mais pas que...
Il y a aussi de nombreuses observations, anecdotes, analyses sur le métier d'avocat de Maxence, qui en a fait un véritable sacerdoce...
"Maxence attend le procès parfait, celui qui ferait la synthèse de tous les autres, de tout ce qu'il a appris, sur lui, sur l'âme humaine, sur ces noirceurs.En pénal, on se colle à tout.Les riches, les pauvres, les sots, les instruits, les bons et les cruels, les menteurs, il les a tous vus défiler à la barre.
Les pires sont les insondables, ceux qui se sont perdus à l'intérieur d'eux-mêmes, qui sourient cependant, et qu'il avait côtoyés sans les connaître jamais.Il a vu des puissants se briser, et des fragiles qui se sont redressés et ont tenu, debout, dans les vents forts. "
Une pépite...qui nous fait vivre comme pour Jess, une parenthèse enchantée, suspendue dans le temps... !
Un texte qui fait un bien fou, mettant l'utopie et la beauté au centre de ce qui peut réunir et réconcilier les Hommes...!
" Il faut une tenue d'âme, être à la hauteur des splendeurs de la vie, ou tenter de l'être, se dire que tout peut s'arrêter, basculer, c'est peut-être la seule manière de se lever chaque matin."
Résumé éditeur : "Je me suis mise à écrire des lettres, et c'est devenu une obsession. Le plus souvent, quand j'en écrivais une, j'en recevais une en retour. Cela surprend, mais j'ai découvert que la plupart des gens répondent. La première lettre de ma vie remonte à 1948, et je l'avais adressée à P. L. Travers, au sujet de son livre Mary Poppins." Mère puis grand-mère, femme divorcée, retraitée d'une brillante carrière dans le droit, Sybil Van Antwerp vit seule et n'aspire qu'à une existence paisible, aiguisant chaque jour sa plume pour rédiger des courriers avec un franc-parler capable de désarmer avocats de renom et grands écrivains. Mais tandis que sa vue baisse inexorablement, des lettres anonymes toujours plus menaçantes sont déposées une à une dans sa boîte, la forçant à replonger dans un passé douloureux. Greffière au chignon strict passant la porte du tribunal ; vieille dame longeant le fleuve avec une canne ; adolescente dévorant Tolkien et C.S. Lewis ; correspondante cherchant le mot juste : lettre après lettre, Virginia Evans compose le portrait d'une femme multiple, dans un premier roman mordant.
Commentaire : J'ai beaucoup aimé le caractère affirmé et l'humour mordant de l'héroïne, au-delà bien sûr du format épistolaire du roman. Sybil ne lâche rien: elle écrit à des auteurs, des réalisateurs, elle se dispute avec les mémères coincées de son club de jardinage. Deux hommes lui font la cour : un américain du Texas (tout ce qu'elle déteste!) et son voisin.. un peu trop gentil à son goût. Toute sa vie, elle aura souffert de la mort de l'un de ses enfants: Gilbert, qui s'est noyé alors qu'il était sous sa surveillance: elle ne peut s'en remettre. C'est ce qui l'a poussée à se submerger de travail et à délaisser son mari et ses enfants. Un deuil très émouvant. Elle ne parvient pas à tisser des liens avec ses enfants. Lorsqu'elle fait un test ADN, elle découvre qu'elle a une soeur en Ecosse et en apprend plus sur sa famille: elle a une soeur ! Elle finit par tomber amoureuse de son voisin Theodore, qui continue patiemment de s'occuper d'elle lorsqu'elle devient aveugle: il écrit pour elle. Bref, un roman sensible, bien écrit, avec du mordant !
Résumé éditeur : Il faut parfois se perdre pour mieux se retrouver...
Marnie est en pleine impasse. Coincée dans son job, dans ses amitiés, dans ses amours, cette correctrice se demande souvent à quel moment sa vie a commencé à se dérouler sans elle.
Michael est en pleine détresse. Depuis son divorce, ce prof de géographie n'a plus goût à grand-chose, si ce n'est aux balades solitaires le week-end.
Comment ces deux-là pourraient se rencontrer ? Grâce à la persistance d'une amie commune.
Marnie a besoin d'aventure, Michael a besoin de contacts humains, quoi de mieux qu'une bonne randonnée pour s'aérer la tête ?
Et c'est parti pour une semaine de marche dans les paysages du Lake District. Entre dépassement de soi et grands moments de solitudes, hébergements inattendus et pubs miteux, petites disputes et gros fous rires, Marnie et Michael vont se découvrir, se révéler, se décevoir, se surprendre et, quelque part sur un sentier, se dire que la vie réserve parfois une seconde chance...
Commentaire GG : Le résumé a tout dit : heureusement que je ne l'ai pas lu :-) Donc Marnie et Michael vont effectivement finir par sortir ensemble à la fin de la randonnée. Puis se séparer sur un malentendu pour finir par se retrouver. Le récit est ponctué de leurs réflexions personnelles sur le célibat, la société, et sur leurs solitudes respectives qui les protège aussi. Un peu d'humour ponctue le récit. Je me souviens que Fredo riait en le lisant, je n'ai pas été jusque là ! Mais peut-être que la version anglaise est mieux écrite. Ceci dit c'est un roman agréable, qui donne envie de faire de la randonnée en Angleterre. Beaucoup plus agréable à lire que "Un jour", que je n'avais pas du tout aimé.
Résumé éditeur : Anvers, années 70. Le jeune Bennie Goodman sait que son père Moshé aimerait mieux le voir à la synagogue qu'à fureter dans les ruelles du quartier des diamantaires. Mais c'est plus fort que lui : la prière l'ennuie, le diamant le fascine. Après tout, c'est dans ce secteur que son grand-père Yéhuda a fait fortune, et quoique le patriarche ait coupé les ponts avec son fils et son petit-fils, ce dernier ne peut réprimer sa fascination.
Des ateliers de taille aux vastes salles de négoce de la Bourse, Bennie ne renoncera devant rien pour se faire sa place et un nom. Son ascension, pourtant, n'est pas vue d'un bon oeil par les puissants de la ville - pour qui se prend-il, ce gamin sans pedigree, qui vient leur voler ce qui leur revient de droit ?
Michaël Dichter signe un ambitieux roman d'apprentissage au coeur de la communauté des diamantaires, porté par le plus flamboyant des héros. Premier roman.
Commentaire : Bernie est doué, et malgré la réprobation de son père, plus porté sur la religion que sur le commerce de diamants, il se lance dans la bourse de diamants, réussit et parvient même à ouvrir sa société avec un ami. Il tombe amoureux d'Eve, qui n'est autre que la fiancée de son cousin Isaac. Grisé par le succès, il prend des risques et se brûle les ailes, jusqu'à se voir radié de la bourse. Après de nombreuses péripéties, il réalise qu'il a été piégé par Isaac. Il invente à son tour un stratagème pour le piéger, et quitte la ville avec Eve, qui a subtilisé à Isaac un énorme diamant rose: celui que Bennie s'était fait ravir. Il se réconcilie avec son père et ses proches.
Un beau roman d'initiation, palpitant, qui plonge le lecteur dans l'univers des diamantaires juifs, avec leur jargon, leur méthodes, comme si les portes d'un lieu secret et totalement inconnu s'ouvraient. Le roman est vraiment bien documenté. Les familles juives et leurs traditions, le rapport à la Shoah très récente au moment du récit, sont également bien explorés et émouvants. L'intrigue et l'écriture sont aussi de très bonne qualité. On s'attache beaucoup au héros.
Liste et petits résumés de mes lectures... Attention, ne pas lire les résumés jusqu'au bout car je révèle parfois la fin!
Ce blog est destiné à me remémorer ce que j'ai aimé dans une lecture, les soubresauts d'une histoire, etc.